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Préserver la nature, chiche ?

Appropriation citoyenne de la préservation des espaces naturels dans le Pas-de-Calais

Les Conservatoires d’espaces naturels ont pour mission de préserver et valoriser le patrimoine naturel. Dans le Nord Pas-de-Calais, le Conservatoire signe des conventions de partenariat ou, plus rarement, fait des acquisitions. Dans les deux cas, un comité de gestion est constitué. Il regroupe les parties prenantes des sites naturels et constitue le lieu privilégié de la prise de décision relative à la vie du site. Sur la base d’un diagnostic écologique, social et économique, un plan d’actions co-construit est mis en oeuvre par le Conservatoire et les partenaires souhaitant s’y impliquer. Ce plan d’actions comprend des opérations de gestion du milieu naturel, de suivi et d’évaluation scientifique, de sensibilisation du public et de concertation locale. Les citoyens sont sensibilisés via des animations scolaires et grand public sur les sites naturels et l’organisation de chantiers de bénévoles.

Sur trois territoires expérimentaux, le  Conservatoire souhaite renforcer l’assise citoyenne de ses actions à travers la mobilisation de citoyens bénévoles. Ces trois territoires expérimentaux sont les suivants : le terril de Burbure (62), le terril d’Harnes, cavalier d’Annay sous Lens (62) et la Réserve naturelle nationale des grottes et pelouses d’Acquin Westbécourt et coteaux calcaires de Wavrans sur l’Aa.

Les deux premiers secteurs sont des territoires de reconquête de la biodiversité, ils concernent des espaces issus de l’exploitation minière (terrils, carrières…) plus ou moins délaissés et considérés comme des friches mais qui peuvent abriter une richesse et un potentiel intéressant pour la biodiversité. L’enjeu est de rendre ces territoires à la nature en impliquant les habitants pour qu’ils intègrent cette évolution et y contribuent. Le troisième site est une réserve naturelle nationale : l’enjeu est de mobiliser les habitants dans la gestion d’un espace naturel très réglementé. Les trois sites sont également l’objet d’enjeux forts en termes de paysages.

Le projet est né, d’un côté grâce à une expérience de plantation participative sur la commune d’Aniche où les habitants ont co-construit le projet d’aménagement écologique d’un espace ; de l’autre côté grâce à l’expérience d’un réseau de conservateurs bénévoles mis en place en Picardie depuis une dizaine d’années et qui compte désormais une soixantaine de personnes.  Amplifier l’action des Conservatoires d’espaces naturels par une assise citoyenne plus robuste est par ailleurs un des axes souhaité par la Fédération nationale pour démultiplier les projets

Les objectifs

Les objectifs du projet sont de favoriser l’appropriation par les habitants de la préservation de leur patrimoine naturel et de faire évoluer leurs points de vue sur les espaces qui les entourent : une vision négative pour les ‘friches’ ou la vision d’une nature sous cloche pour les Réserves naturelles.

Au-delà des territoires expérimentaux, le projet vise la mise en place d’outils techniques (portail internet, plan de communication…) et la création d’un maillage de bénévoles relais du Conservatoire pouvant démultiplier les actions et renforcer l’assise citoyenne. Le rôle des conservateurs bénévoles vise principalement à assurer une surveillance du site, une présence locale, l’animation de réseaux locaux.

Les actions

Dans un premier temps, il s’agit de tenir plusieurs « ateliers locaux » ouverts aux usagers et aux habitants pour les trois secteurs concernés.

Cette démarche permettrait de réaliser un diagnostic partagé des usages, problèmes et atouts du périmètre d’analyse par les habitants-usagers puis d’identifier un ou plusieurs scénarios d’aménagement les plus adaptés aux attentes et aux contraintes paysagères et écologiques.

En outre, seront définies les modalités de gestion de cet espace et les rôles que les habitants souhaitent avoir pour le suivi de cet espace (ex : inventaire partagé de la faune et de la flore, chantier participatif, animations, participation des écoles, surveillance des sites, édiction de règles, communication…).

Les ateliers sont ouverts à tous les usagers. Le Conservatoire anime les ateliers (3 séquences consécutives) et fait une synthèse des échanges. Les élus concernés accompagnent la démarche. Celle-ci prendra appui sur les diagnostics écologiques afin de rester en cohérence avec les enjeux des sites ainsi que sur les réglementations en vigueur qui seront détaillées aux participants.

Diverses modalités de dialogue seront envisagées : diagnostics en marchant, ateliers thématiques ou de co-production. Chaque proposition émanant des échanges fera l’objet d’une analyse. Il ne s’agira pas de laisser croire aux participants que chaque proposition sera, de fait, retenue, mais qu’il s’agit bien d’un atelier de coproduction dont les propositions feront l’objet d’une validation par les maitres d’ouvrage.  Lorsque ce sera le cas, les propositions issues de ces ateliers pourront être  intégrées aux plans de gestion écologiques des sites.

Dans un second temps, une réflexion sera proposée, soit sur la nomination d’un conservateur bénévole, soit sur la constitution d’un groupe citoyen référent, sur le modèle des conseils de citoyens. A la différence d’un conservateur bénévole lié par un contrat de conservateur et dont le Conservatoire a déjà l’expérience, le groupe citoyen référent est un concept qui reste à tester.

Une expérimentation avec des écoles

Pour le cas particulier de la Réserve naturelle nationale, sera également testée la notion d’aire terrestre éducative sur le concept des aires marines éducatives. Il s’agit d’une première pour le réseau français des Réserves naturelles. Le projet est de confier une partie de la zone naturelle aux mains des écoles pour que les élèves s’approprient complétement une démarche de gestion conservatoire d’espaces naturels : quels sont les espèces présentes, quels sont les enjeux de conservation, la notion de patrimoine naturel, la façon de la gérer et de le conserver, les actions à mettre en œuvre…

L’idée serait de travailler sur deux ans avec les élèves les plus grands sur la découverte des milieux, la réalisation d’un document de gestion simplifié et sa mise en oeuvre qui pourrait comprendre le choix d’un nom pour le site et diverses activités à définir.

Une labellisation aire terrestre éducative à terme est envisageable dans le cadre du partenariat engagé entre le Ministère de l’éducation, le Ministère en charge de l’écologie et Réserves naturelles de France, partenariat auquel le Conservatoire d’espaces naturels contribue en tant que membre de Réserves naturelles de France, titulaire d’un agrément Education nationale et d’un agrément de l’Etat en tant que Conservatoire d’espaces naturels.

Quelques informations

  • Type de fiche : Expérience
  • Année de début d'expérience :
    2017
  • Département concerné :
    62

Structure

  • Conservatoire d'espace naturels (CEN) Nord Pas-de-Calais
  • 152 Bd de Paris
  • 62190 Lillers
  •  
  • Personne contact: Vincent Santune
  • 03 21 54 75 00