tourbieres

Concertation autour des tourbières d’Auvergne

Une approche en faveur de l’expression libre des représentations et des besoins

Contexte territorial

Le Cézallier et l’Artense sont deux grands plateaux, l’un granitique et l’autre volcanique, du massif central, parsemés de plus de 180 tourbières répertoriées, patrimoine naturel vivant… mais aussi patrimoine identitaire et culturel. Certaines tourbières sont protégées (Réserves naturelles, Espaces naturels sensibles, Natura 2000…). Mais leur préservation repose avant tout sur la volonté des acteurs locaux et le dialogue autour de leur savoirs et pratiques (tourbage, chasse, pastoralisme…) liés à ce patrimoine commun.

 

Origine du projet

Depuis sa création en 1977, le Parc n’a eu de cesse de vouloir protéger ces tourbières. Or, la stratégie traditionnelle de protection règlementaire contraignante n’est pas toujours bien vécue. Une expérience axée sur le dialogue avec les acteurs de terrain dans une zone Natura 2000 montre des effets plus intéressants. C’est pourquoi, l’équipe du Parc propose d’utiliser la méthode du dialogue territorial pour aborder la question des tourbières avec l’ensemble des acteurs concernés : propriétaires, exploitants et gestionnaires de terrain, habitants, élus… Cette proposition rencontre la volonté politique d’une meilleure appropriation des enjeux par les habitants et l’objectif de revaloriser les zones de moyenne montagne de faible densité.

 

Les étapes de la concertation

Une question est soumise lors d’entretiens préalables menés à la fois auprès de l’équipe technique du Parc et des acteurs du territoire : comment mieux protéger les tourbières en prenant en compte la vie quotidienne des habitants ? Les termes sont mis en débat, faisant émerger les visions de chacun. La matière recueillie permet au comité de suivi de requalifier la question de la concertation en mettant la vie quotidienne des habitants au centre des préoccupations : « Comment prendre en compte les tourbières et les zones humides dans la pratique et la vie quotidienne des acteurs du Cézallier et de l’Artense ? »

 

A partir de ces témoignages s’organisent 3 séries de 3 ateliers participatifs dans le Cézallier et l’Artense permettant aux élus, habitants, propriétaires et gestionnaires privés et publics, agricoles et forestiers, de la chasse, etc., de parler des tourbières en 3 temps :

– partager leurs représentations et leurs savoirs sur les tourbières,

– exprimer leurs attentes et besoins sur ces espaces et sur la dynamique de réseau de sites et d’acteurs,

– définir des enjeux partagés et des propositions d’actions communes pour l’avenir.

 

En parallèle, un travail de collecte des savoirs paysans, forestiers, de chasse, de pêche, scientifiques, institutionnels, techniques, historiques et culturels est mené et certains témoignages sont valorisés par une agence de réalisation de vidéos. Cette matière a été diffusée en même temps qu’un petit film sur la démarche de concertation menée lors de la journée de restitution « fête des tourbières » qui a réuni 200 personnes dans un village de 20 âmes où se situe la réserve naturelle nationale des sagnes de la Godivelle.

Ils servent également de base à la réflexion lors des ateliers participatifs qui suivent dont l’objectif est de décliner les enjeux et propositions retenues selon 3 échelles, définies par les acteurs du projet :

1) L’échelle de la parcelle, qui réfère à l’approche individuelle. Il s’agit de partager la connaissance, présenter la démarche, identifier les besoins locaux, recueillir les savoirs et connaître les représentations.

2) L’échelle locale, qui est celle de la co-construction entre acteurs concernés par la gestion d’un site en tant qu’usager ou habitant. Cette étape permet d’identifier et de mobiliser des acteurs locaux dans la démarche en tant que relais, correspondants ou ambassadeurs

3) L’échelle Artense Cézallier, qui est celle de la politique territoriale globale menée avec les acteurs concernés par la préservation et la gestion des tourbières. Cette échelle permet de mutualiser des expériences, des méthodes et outils, à partir de cas concrets (lien à l’échelle locale).

Cette première phase se clôture par une conférence interactive réunissant 70 participants, lors des journées mondiales Zones humides, sur le thème des services rendus par les tourbières.

 

Enfin, en ligne de mire, les élus ont demandé qu’un travail soit réalisé sur l’opportunité de poser une candidature au label Ramsar (reconnaissance internationale de la valeur patrimoniale des zones humides) des lacs et tourbières du Cézallier et de l’Artense. Sensibles à l’intérêt de la concertation avec les acteurs, les élus n’envisagent pas ce travail autrement. Des modalités de dialogue avec les acteurs du territoire seraient donc de nouveau mobilisées.

 

Eléments de conclusion

Cette expérience a pu bénéficier des conditions optimales pour aller au bout de la méthodologie du dialogue. Nous avons pu mobiliser un financement important : 122 000 Euros sur 2 ans, en associant les financements européens (Feder), l’Agence de l’Eau et la Fondation de France, avec un auto-financement de 20%. Cela nous a permis d’avoir une animation très présente, des moyens pour créer les conditions de la convivialité lors des rencontres, un programme ambitieux de collecte audio-visuelle et aussi l’accompagnement de professionnels (Geyser) et la formation des équipes (Ifrée). Une telle démarche nécessite des moyens importants si l’on ne veut pas décevoir les participants et perdre leur intérêt et donc leur contribution au projet.

 

Personne contact : : Philippe Boichut – Chargé de mission Valorisation du patrimoine naturel – Pilote de dispositifs participatifs

Quelques informations

  • Type de fiche : Expérience
  • Année de début d'expérience :
    2017
  • Département concerné :
    15

Structure

  • Syndicat mixte du PNR des Volcans d’Auvergne
  • Le Bourg
  • 63850 La Godivelle
  •  
  • Personne contact: Philippe Boichut
  • 04 73 65 64 08